19th octobre 2019

Quand la flamme s’estompe (Feat Rocky Balboa, Adonis Creed)

Par adwondje

Cet article est le deuxième de la série « Etre un disciple de Christ » dont vous pouvez lire la première partie en cliquant ici. Les parties sont indépendantes les unes des autres même si elles se complètent. En outre, une petite connaissance des sagas « Rocky » et « Creed » est un plus pour saisir certaines références, mais il y a des vidéos à regarder pour se mettre à jour et profiter de l’article au cas où.
Lorsque l’on vient de recevoir une série d’enseignements sur un thème, on prend l’habitude pendant un moment de le voir partout. Il nous revient à l’esprit à chaque instant, chaque mouvement de nos yeux nous dirige vers un élément de notre entourage qui nous le rappelle. Récemment dans notre communauté nous avons été enseignés sur le thème de l’engagement et je me sens dans un état surexcité, concernant ce sujet.


Pendant les premiers jours de conversion, nous avons tous le même désir: suivre jésus jusqu’à en crever. Le monde est fade, la vie est sans lumière et notre seule source d’excitation vient des partages avec les frères, ces moments où l’on raconte à nos amis les merveilles du Seigneur (Si ces derniers ne sont pas renouvellés, on devient vite le « pasto » de service, avec des blagues du style “J’espère que tu n’es pas entré dans la secte hung?”). Comme dans la chanson, nous sommes “amoureux de Jésus”. Nos prières se réalisent en deux temps trois mouvements, tout nous est soumis. La vie de victoire à l’état brut. Le même scénario se joue à la fin d’une retraite un peu intense ou à la fin d’un camp puissant. Remplis de l’Esprit, on prêche avec puissance, on proclame avec autorité, et nos vœux sont à toute épreuve. Donnez nous une dizaine de jours, les tracas de la vie quotidienne, la morsure du péché qu’on a laissé en partant et les persécutions qui accompagnent fatalement une vie de foi authentique et que se passe-t-il? Patatra, retour à la case départ. On se retrouve à la prochaine réunion d’évangélisation pour rejouer la même scène comme disque rayé dans vieux lecteur DVD.

Tous ces enseignements sur ce qu’est vraiment un disciple ne servent à rien si à la fin, après les avoir suivi, on ne les met pas en pratique de manière concrète. Sans un engagement volontaire, toute l’énergie déployée à enseigner, exhorter, encourager, est une perte de temps. Ce que j’appelle l’engagement, c’est le moment qui sépare ce réveil spirituel et notre mort physique. L’engagement, c’est la routine quotidienne, la prière même quand on n’en a pas envie, c’est pardonner à ce “%‘ù*$µ qui vient de nous éclabousser alors qu’il avait toute la route devant lui. C’est ce flirt auquel il faut mettre fin parce que bon toi même tu vois que vos conversations ne sont pas spirituelles quoi. Si notre vie en Christ est un film d’action, l’engagement, ce sont les centaines d’heures de préparation et de travail coupées au montage, qui seront réduites à une courte cinématique de trente secondes, comme dans Rocky, avec en fond sonore la chanson “Eye of the tiger”.

Ca n’a rien de fun quand on le vit soi même.


Dans le dictionnaire courant, l’expression “s’engager” décrit l’action de celui qui décide de servir dans l’armée. et la correspondance ne pouvait pas être meilleure. Au moment ou nous renonçons à tout pour suivre le Seigneur, nous devenons effectivement des fantassins de l’armée céleste, entre autres descriptions: race élue, nation sainte, sacerdoce royal, ambassadeurs de christ (lol). Nous devenons surtout esclaves de Christ et bien que ce dernier soit un Bon Maître et le Bon Berger, ça ne fait pas de nous moins des serviteurs, et la tâche est lourde. Beaucoup à faire, peu d’ouvriers. Comment garder le cap donc face à cette adversité?
Je ne sais pas.

Ceci dit, le Maître a transmis le modèle à suivre pour ceux qui veulent s’engager avec lui, puisqu’il n’est pas du genre à dissimuler ses attentes envers nous. Pour parler des marques de l’engagement, on peut dresser les marques générales, celles qui concernent tous les croyants, ensuite les marques particulières comme les ministères et services de l’église. Enfin on peut aussi distinguer les marques personnelles, celles qui sont propres à chaque individu, mais j’ai dédié cette lettre uniquement à la première forme d’engagement, celle qui est commune à tous.

1. Le premier engagement, suivre Christ…

Avant toute chose, il faut rappeler que le premier engagement, ce n’est pas nous qui l’avons pris, mais c’est Dieu qui, avec Christ a signé une alliance qui nous libérait de la condamnation à laquelle tous les humains étaient soumis. Il a vécu la vie juste que nous devions vivre et a malgré tout accepté de mourir de la mort qui nous était échue. Prouvant de manière indubitable qu’il était Fils de Dieu et seul Rédempteur du monde, il est ressuscité, déchirant l’acte même qui nous condamnait, nous libérant d’une manière complète et définitive. Ainsi, la première marque de l’engagement chrétien est la décision de suivre Jésus comme seule réponse sensée pour quiconque entend cette incroyable nouvelle de vie et de liberté. le modèle à suivre est aussi clair: Une déclaration publique du renoncement à ses œuvres passées et de la Seigneurie de Jésus conformément à Romain 10:9, et une expression symbolique de cette déclaration par un acte aujourd’hui millénaire : le baptême. Car celui qui croira et sera baptisé sera sauvé, mais celui qui ne croira pas sera condamné, nous rappelle la fin du livre de Marc.

Une parenthèse ici. Il faut admettre que si quelqu’un dit suivre Jésus et refuse le baptême, on peut avoir des difficultés à le considérer comme un frère ou une soeur, et donc forcément on ne va pas le laisser prendre part aux autres activités dédiées à la communauté chrétienne comme la cène par exemple, le partage du pain et du vin. Bien sûr certaines raisons peuvent empêcher ou retarder le baptême: chez les adolescents notamment certains parents peuvent être réticents pour des raisons diverses, parfois légitimes, parfois beaucoup moins. J’ai rédigé un texte sur cette question spécifique, disponible sur ce lien.

Maintenant il y a des cas rares de refus des parents. D’expérience, il s’agit plus d’une excuse de l’enfant qui n’est lui même pas motivé du tout à sauter le pas, ce dernier étant convaincu que s’il ou elle se baptise, il, elle n’aura plus le droit de faire les bêtises qu’il, elle se permet encore pendant sa jeunesse. Je vois cela avec un grand sourire. C’est comme un condamné à mort qu’on libère et à qui on donne les clés d’un château, puis qui reste volontairement dans la boue et les urines de sa cellule, pour profiter une dernière fois de sa puanteur avant d’aller vivre en liberté et profiter des richesses qu’on lui a gratuitement offertes.
Vous trouvez que ça n’a pas de sens? Pourtant nous faisons tous cela à chaque fois que nous refusons d’obéir à Dieu.

the prisoner

La vidéo « the prisoner » (John Bevere) met en scène un prisonnier qui a la possibilité de s’évader, mais est trop attaché à sa prison pour avoir le courage de le faire

Bien sûr, le baptême ne sauve pas. L’engagement ne sauve pas, il n’est que la manifestation d’une opération surnaturelle qui a déjà eu lieu, qui s’appelle la nouvelle naissance.

Un,e disciple de Christ est celui, celle qui s’est engagé à suivre le Maître, dans la discipline et l’obéissance, avec intégrité et conviction, qui recherche de manière assoiffée la présence du Maître, qui prie et lit régulièrement, dans le but d’entretenir la relation d’intimité que le Maître a commencé à nouer avec lui, elle, au moment de sa nouvelle naissance.

Maintenant, quand on voit le niveau de sacrifice nécessaire: est-ce vraiment possible d’être et de rester engagé,e?

2. …Jusqu’à ce que la mort nous sépare.

J’ai beau retourner la question du paragraphe précédent dans ma tête, la réponse est sans équivoque: Non. Par nous mêmes, si nous gardons Christ comme standard et but à atteindre, nous ne pouvons pas rester engagés: l’échec sera cuisant et sans détour, ou on se plaira dans l’hypocrisie et l’auto-justification. Heureusement, ce n’est pas par notre force, là est notre assurance. Parce que ni la mort, ni le deuil, ni les hauteurs ni les profondeurs ne nous sépareront de l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ notre Seigneur. Parce que c’est Lui même qui en nous a planté cette graine d’éternité au moment où on l’a reconnu comme notre Seigneur, il ne fait aucun doute que si c’est en Lui que nous avons cru, Il achèvera ce qu’Il a commencé. Il ne pourrait en être autrement.

C’est la raison pour laquelle si il y a eu une chute dix jours après le camp ce n’est pas plus problématique que ça, car les bontés de l’Eternel se renouvellent chaque matin (Lam 3:22). L’exemple du mariage me plait assez, bien que ce soit une expérience qui me soit étrangère au moment où j’écris ces lignes. L’amour entre les mariés, celui qui est attendu entre deux personnes qui s’unissent pour la vie, n’a strictement rien à voir avec le jus d’émotions bon marché que nous retrouvons diffusé sur les ondes à longueur de journée. Ce que nous apprennent nos pasteurs et les couples mariés avant nous, c’est que l’amour en tant qu’émotion s’estompe, se fane et pour empêcher cela on doit l’entretenir. Comme la flamme pour Christ, d’où la comparaison. Il a besoin d’être volontairement, intentionnellement entretenu, pour que nos yeux restent fixés sur l’être aimé. Sinon, nous aurons l’attention détournée par ce qui nous entoure et qui semble nous apporter une satisfaction plus immédiate. A la bataille, nous allons avec notre aimé, comme Adonis et sa femme, face à Drago dans Creed 2.


L’auteur Gary Chapman a présenté dans une série de livres populaires ce qu’il a appelé les langages de l’amour, cinq manières d’exprimer son affection et de la recevoir:

  • Les paroles valorisantes
  • les moments de qualité
  • les cadeaux
  • les services rendus
  • le toucher physique

La bible regorge de lieux dans l’ancien comme dans le nouveau testament, où notre Seigneur compare sa relation avec nous à un mariage. Nous sommes l’épouse. Et si nous commencions à nous comporter comme il se doit par rapport à notre position? Bien sûr, l’application n’est pas automatique entre exprimer son amour à un Dieu vivant qui n’en a pas besoin et le faire avec un homme ou une femme pour qui c’est une nécessité, mais on peut faire l’effort. En outre il ne faut pas oublier qu’il est aussi en devoir d’exprimer envers nous cet amour et cet engagement qu’il a pris de nous aimer et de nous sauver (Jer 31:3, Es 54:10): Voici donc, en pratique, cinq manières de raviver et/ou de laisser persister la flamme avec notre Éternel Amoureux:

  1. Les paroles valorisantes: venant de nous, ce sont nos prières, notre adoration et nos chants de louange. Pour notre Seigneur, c’est sa parole qui constitue notre force, notre secours. Cette parole qui est esprit et vie, nous donne le souffle et la force et les promesses (Je 6:60-69). C’est une excellente chose qu’elle soit en premier dans la liste.
  2. Les moments de qualité: De notre part ce sont ces réunions où l’on pratique la communion fraternelle, ces instants devant notre bible plutôt que sur un réseau social à scroller comme un hamster qui courre sur sa roue. De la part de notre Seigneur, c’est évident tous les jours, vu qu’Il nous dit “Je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde” (Mt 28: 20).
  3. Les cadeaux: Ce sont nos dîmes et nos offrandes, nos dons volontaires, ces décisions que nous prenons d’offrir ceci ou cela à un frère dans le besoin, ce que nous donnons libéralement aux plus nécessiteux. De la part du Seigneur, La liste est si longue des cadeaux qu’ils nous offre que je ne saurais par où commencer: Ah si. Le souffle de vie chaque jour et le salut pour ceux qui ont cru en lui.
  4. Les services rendus: Ils s’entendent intuitivement. L’oeuvre dans l’église locale, le travail sur le champs de mission, Le service, le ministère dans et hors de l’assemblée. De son côté, le Seigneur nous assure qu’il est un bon maître et a donné l’exemple en lavant les pieds de ses disciples. Il pourvoit pour nous, répond à nos prières et crée en nous le vouloir et le faire pour lui obéir.
  5. Le toucher physique: Ici je le vois à travers le partage de la cène, la fraction du pain, le partage du vin. C’est même carrément ce qu’on pourrait appeler un rencart avec Christ, et sous cet angle on voit encore mieux à quel point il nous aime.

Il y a une parole que je serre contre mon cœur dans les moments de détresse, je prie qu’elle soit plus vivante que jamais en moi et en tous ceux qui lisent: « Que le Dieu de paix vous sanctifie Lui-même tout entiers, et que tout votre être, l’esprit l’âme et le corps, soit conservé irrépréhensible jusqu’à l’avènement de notre Seigneur Jésus Christ. » 1 thess 5:23″.

C’est le verset suivant qui constitue l’essence de mon encouragement quotidien:

« Celui qui vous a appelé est fidèle, et c’est Lui qui le fera ».

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